Les entreprises françaises travaillent à l’après-COP21

A quelques jours de la signature officielle de l’Accord de Paris à New York, l’Institut Montaigne s’interrogeait sur l’après COP21 côté entreprises. Et les témoignages des dirigeants de Solvay, de Saint-Gobain et de Veolia montrent que la COP21 a bien donné le coup d’envoi à de nouvelles stratégies industrielles.

Ne croyez pas que la COP 21 a fait des miracles et a converti du jour au lendemain les grandes entreprises à l’économie décarbonée ! Cependant, si l’on écoute les dirigeants de Solvay, Saint-Gobain et Veolia qui participaient au débat organisé par l’Institut Montaigne présidé par Henri de Castries, le P-DG d’Axa, l’indicateur carbone est bien entré dans leurs stratégies industrielles. Certes, comme l’a rappelé lucidement Laurence Tubiana, l’ambassadrice de la France pour les négociations climatiques, « la COP 21 n’est qu’une fondation et c’est son exécution qui va permettre de vérifier la solidité de l’accord. Ce qui est important, c’est ce qui va se passer dans les entreprises et les territoires ».

Donner un prix au carbone

Beaucoup d’entreprises ont d’ailleurs pris, avant même la COP 21, des engagements de réduction. « Solvay a prévu de réduire de 40 % ses émissions de CO2 par unité de valeur ajoutée », précisait Jean-Pierre Clamadieu, son président. Et Antoine Frérot, le P-DG de Veolia de rappeler ses objectifs de division par deux des émissions entre 2015 et 2020. Pour passer à la vitesse supérieure, tous appellent à un prix du carbone. Si Pierre-André de Chalendar, le P-DG de Saint Gobain est partisan d’une taxe carbone « qui permettrait de s’attaquer aux émissions diffuses », Antoine Frérot milite lui davantage pour « une redevance qui garantirait que les recettes dégagées financent la dépollution ». Mais tous appellent de leurs vœux que cette taxe ne s’applique pas seulement aux entreprises nationales mais aussi aux importations et ce à une échelle qui dépasse largement l’Hexagone. « On pourrait imaginer dans un premier temps une application au sein de l’Union Européenne pour avoir un vrai effet d’entraînement », explique le dirigeant de Veolia.

De 25 à 31 euros

Laurence Tubiana en est convaincue : « il faut arriver à faire émerger un prix du carbone ». Et la Banque mondiale y travaille, précise-t-elle. L’ambassadrice remarque aussi que beaucoup d’entreprises ont déjà fixé un prix carbone en interne. Et en effet, Solvay, Veolia et Saint Gobain intègrent dans leurs décisions d’investissement un prix de la tonne de carbone. De 25 euros chez Solvay à 31 euros chez Veolia. « A Saint Gobain, nous avons même deux prix du carbone, l’un pour les investissements et l’autre, plus élevé, pour la R&D », complète Pierre-André de Chalendar. Le signe que le carbone est bien devenu un indicateur financier comme les autres.

Source : Environnement-magazine.fr

Auteur : Dominique Bomstein – Rédactrice en chef Environnement Magazine – Hydroplus

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